Contemplons le mystère de l’Annonciation

Vivons l’Avent en contemplant une œuvre d’art

En lien avec le récit de l’Annonciation (Lc 1, 26-38) qui sera lu le 8 décembre, contemplons l’œuvre d’un maître italien du 13ème siècle, Guido da Sienna.

Tout d’abord, pour contempler une œuvre il est important de prendre du temps, au moins 5 minutes, de se rendre disponible et de se laisser ‘saisir’. Nous pourrons alors repérer ce qui nous marque dans le tableau. Eventuellement partager avec quelqu’un d’autre sur ce qui nous étonne ou nous interroge.

Dans un premier temps observons les couleurs, les formes, puis les personnages, leurs vêtements, leurs gestes et leur attitude, et enfin le décor architecturé où se passe la scène, ou encore la perspective. Si on s’attache à la composition de ce tableau nous remarquons les contrastes entre la partie de gauche et celle de droite.

 

A gauche, le peintre a donné à l’ange une posture dynamique, ses pieds touchent à peine le sol, son vêtement est comme gonflé par le vent, il est porté vers l’avant. Le peintre a manifesté ce mouvement par des lignes obliques, son bras, les plis de sa tunique… Ce dynamisme est également accentué par la forme de l’arbre au fond.

 

A droite, la vierge, elle, s’inscrit devant une tour, sur un axe vertical. On ne voit pas ses pieds, nous pouvons remarquer que son corps est légèrement déhanché et qu’elle retient son manteau comme pour se protéger. Elle semble en retrait, apeurée. Cependant son visage est orienté par une autre ligne oblique, vers le ciel. Et ce ciel doré, avec ces rayons, symbolise la présence de Dieu. Son regard est tout intérieur.

L’Esprit Saint est également signifié par une colombe à la croisée de ces deux lignes obliques.

 

 

Dans un second temps, méditons sur ce que nous dit cette œuvre et comment elle vient nourrir notre prière. Le peintre a certainement cherché à saisir la fulgurance de la scène de l’Annonciation décrite par Saint Luc. Il a représenté Marie, debout, dans l’inattendu de sa rencontre avec l’ange, tout à la fois craintive et tournée vers Dieu. (V.30: «Sois sans crainte Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu»).

 

Par ailleurs, la tour représentée derrière la Vierge, dans la tradition byzantine, représente l’Eglise. Le peintre a voulu signifier ainsi que Marie est non seulement celle qui sera la mère de Jésus mais également celle qui sera la mère de l’Eglise et de tous les chrétiens. Avec cette œuvre nous pouvons donc reconnaître en Marie la figure de l’Eglise. Une Eglise humaine, humble et tournée vers Dieu. Une Eglise qui invite chaque chrétien à accueillir Jésus qui se manifeste dans nos vies de façon inattendue et dans la plénitude du souffle de l’Esprit.

 

Très beau chemin vers Noël !

3 commentaires

  1. Gallicher Caroline

    C’est magnifique ! Merci Delphine ! Je garde cette peinture dans mon coeur avec tes explications qui m’aident à prier.

  2. Marie-France PAILLARD-BONNEFOND

    Merci, Comment la méditation sur une peinture peut venir faire écho en nous , remettre au présent, là , ce qui nous a touché dans les paroles de l’Evangile aujourd’hui ou au cours de notre vie.

Ajouter un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *